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SÉQUENCES INTERROMPUS


Extraits et arrangements du chat à propos de l'œuvre de Juan Zurita maintenu entre José María Alonso et Ignacio Rejano, Octobre 2008, Malaga.

Espaces temporels physiques détenus dans des espaces physiques hors du temps, ceci pourrait être une description de l'œuvre de Juan Zurita.

Mais s'il nous parle de séquences et nous congèle le moment dans une narrative environnante, à mode de cadre et où évidemment la séquentialité horizontale continue: suivre le film; regarder transversalement pour reconnaître que nous voyons des points clefs, keyframes, inflexions entre plusieurs espaces indéfinis par l'ouverture qui est contenue dans les cadrages congelés, entractes qui ont développé à la fois ces espaces vers d'autres, où tout est une transition.

Une intervention claire dans l'espace exposé est clairement objectivable pendant le travail de séquençage et Zurita mélange ces dimensions dans chaque œuvre, en créant un étrange et surprenant réseau de portes, d'ouvertures ou de fuites vers ces régions qui doivent être pressenties et non pas créées ni même complétées par le spectateur.

Zurita est digne de son travail. Tout au long de son développement artistique, nous percevons un établissement subtil des qualités formelles. C'est dans le contour que les outils de Zurita se raffinent: les figures se liquéfient. La palette technologique, bien administrée, nous montre ses références digitales, le bruit, un composant propre de l'œuvre de Zurita, provenant d'un procédé minutieux depuis la compression de l'image – vidéo, qui est mis en place dans un dialogue permanant en contraposition à la photographie chimique, tout cela est repris par Zurita pour dénaturer notre perception, nous faire penser sur la nécessité de la mise à jour et ainsi laisser filtrer, vers le spectateur, des packages d'informations discontinus dans le cadre d'une ambiance, par moments, inquiétante.

Son travail incessant sur le contour parvient à atteindre des limites insoupçonnées, se résigne à ce que nous pouvons reconnaître comme une poétique spatiale personnelle, dans laquelle les protagonistes anonymes dépersonnalisés ou des silhouettes inconnues peuplent un espace reconnu comme urbain et dont la persistance, où nous observons à nouveau le paradigme digital, est constant, 24 heures, c'est à dire que tout est enregistré: nous sommes en direct; même si cette question n'empêche pas et ne cache pas le paysage quotidien de la culture urbaine hors du temps, personnages latents, taciturnes, qui vous volent vos rêves, qui appartiennent presque au mobilier urbain transgénérationnel.

Il évolue dans les aspects formels de qualité se référant au moyen, la vidéo, en partant d'un “pixel” cristallisé vers des formes plus aqueuses, plus diluées dans son entourage, qui peuvent déambuler à travers de façon inconnue, et qui nous sont amenées à découvrir comme des empreintes d'images congelées sur la toile, qui représentent à leur tour une image dans un espace: le paysage urbain congelé, un nouveau genre de postérisation.

Dans le langage de la compression de la vidéo nous pouvons apprécier comment Zurita égrène sa vision du temps et la séquence des espaces dont il parle, des espaces absents; ce ne sont donc que des espaces de transition, pour Zurita, l'élection de cet instant congelé est clef, c'est un Keyframe, c'est la clef pour nous parler de ces espaces temporels, ces interludes qui ne sont pas présentes mais que nous percevons. Un ensemble d'interludes où apparaissent ses compositions à mode de GOPs (Group of images), groupe d'images successives qui sont empaquetées par la compression de la vidéo, le keyframe est, précisément le photogramme de référence qui enregistre toute l'information commune au groupe des images suivantes, ainsi en GOPs, chacune des photos du groupe enregistrent seulement l'information qui les différencient du photogramme de départ, c'est à dire du Keyframe.

Zurita a bien compris le parcours depuis la simulation du pixel sur l'image qui fixe, héritière du grain de la photographie analogue de haute sensibilité, le bruit entrainé par la compression de la vidéo, qui sont créés par ces “manipulations aqueuses”. La réduction brutale de l'information de l'image montrée est en relation directe avec les bits/rates du flux des données ou de la quantité de l'information que Zurita prétend nous montrer. Le keyframe est donc le personnage principal du moment capturé, de l'image capturée, qui est maintenant représentée dans un autre format.

Zurita est prolongateur d'une aventure. C'est Gerhard Richter, qui commence, à partir de 1962, le développement d'œuvres basées sur les photographies, ouvrant un chemin qui, comme on le voit bien, continue d'être exploré. Ses photo-peintures, figuration de base photographique dans lesquelles Richter générait vraisemblablement la distribution arbitraire des couleurs faisant appel à un programme informatique. D'une autre manière Chuck Close se plonge dans des patrons numériques à la profondeur du pixel dans ces portraits-icônes à l'huile. Donc maintenant nous pourrions le mettre en relation avec un langage de haut niveau, le keyframe de Zurita qui suit les indications de Richter ou de Closer, entre autres, depuis un point de vue agrandit par l'image en mouvement, dans ce cas-là ces conglomérats représentés par l'algorithme MPEG dont Zurita s'alimente.

C'est MacLuhan, qui nous rappelle que tout moyen développe uniquement la vérité de son prédécesseur, c'est pourquoi, on peut penser que la photographie est un registre d'un écrit très puissant en acte et dans le temps. Zurita continue la tâche en utilisant le  moyen moderne: celui de la vidéo numérique.

Pour José Luis Brea: “Partir d'une image photographique c'est maintenir un shifter (un commutateur)”, et nous précise que, “les artistes du conceptualisme retrouvent dans la photographie un shifter, qui protège un système, celui de l'art, pour le basculer sur un autre: celui du réel”. Ainsi, nous croyons, que Zurita le réussi aussi en utilisant un processus que nous pouvons reconnaître comme “désorphélinage” réalisé dans le jeu des espaces congelés connectés avec ses photogrammes clefs, non pas sans un certain tissage d'intimisme et subtilités occultes, une autre interruption dans ses séquences.

 



 ©2014 Juan Zurita Benedicto